Actualité de Nicolas de Hannappes

Rédigé par hamlet le 02 septembre 2018

Jean-Pierre Maugendre rappelait à nos mémoires l'histoire inspirante de Nicolas de Hannappes pendant le siège de Saint Jean d'Acre, posant les bases d'un partage des responsabilités entre pouvoir temporel et pouvoir spirituel. Histoire éminemment instructive, et qu'il est possible d'étendre par uchronie à la gestion des situations sans solution rationnelle.



Le 18 mai 1291, la ville fortifiée de Saint-Jean-d'Acre, ultime port croisé ayant résisté aux assauts des Mamelouks, tombait sous les assauts des troupes du sultan Al Ashraf Khalil. Cette chute marquait la fin de l'aventure des croisades en Orient. Parmi les nombreuses victimes se trouvait le patriarche latin de Jérusalem, Nicolas de Hannappes, religieux dominicain originaire des Ardennes. 

Voici ce qu'écrivait Jean-Pierre Maugendre, dans un article datant de 2016 paru sous le titre "Actualité de Nicolas de Hannapes" :

Pendant toute la durée du siège il avait été héroïque, soutenant le courage et l'ardeur des combattants. À l'heure de la fin, il avait embarqué à bord d'un navire mais, ne pouvant se résoudre à abandonner ses ouailles à leur triste sort, il avait exigé que l'on continuât d'accueillir à bord de son embarcation les fidèles qui fuyaient la ville assiégée. Le vaisseau surchargé finit par sombrer, entraînant dans l'abîme et la mort son équipage, les passagers et le patriarche lui-même.
 

Est-il incongru d'observer que le patriarche, ainsi mu par une compassion aussi puissante que désordonnée, n'avait fait, concrètement, qu'ajouter du malheur au drame en cours ? Quelles leçons tirer de ce tragique événement ? 

La responsabilité des autorités politiques

À bord d’un navire, le responsable devant Dieu et les hommes en est le commandant et pas l’aumônier ni le passager aussi prestigieux et titrés soient-ils. C’est le commandant qui connaît le nombre de personnes que son embarcation peut embarquer. Analogiquement ce sont les autorités politiques et non les autorités ecclésiastiques qui sont en charge de mesurer quelle part de « nouveaux arrivants » peuvent supporter les nations dont elles ont la responsabilité. Le rôle de l’Église est simplement d’exhorter à la générosité comme le fit par exemple Pie XII en 1948 s’adressant aux évêques américains : «La domination de chaque nation bien qu'elle doive être respectée ne peut être exagérée au point que, si un endroit quelconque de la terre offre la possibilité de faire vivre un grand nombre d'hommes, on n'en interdira pas, pour des motifs insuffisants et pour des causes non justifiées l'accès à des étrangers nécessiteux et honnêtes , sauf s'il existe des motifs d'utilité publique, à peser avec le plus grand scrupule ». 

La prudence, vertu politique

La prudence qui est l'appréciation raisonnable des faits est, par excellence, la vertu des chefs. Il n'est pas demandé à une idée d'être généreuse mais d'être juste, c'est-à-dire conforme à la réalité des faits. Notre erreur, cruelle, serait de croire que la bêtise est inoffensive. Concernant l'immigration extra-européenne qui déferle sur notre continent, la prudence recommanderait de ne laisser pénétrer sur notre sol que des populations disposées à s'intégrer à notre civilisation, effectivement victimes de persécution dans leurs pays et en nombre suffisamment faible pour qu'elles soient assimilables. 

La prise de décision juste n'est pas réductible aux grands principes, si généreux soient-ils en apparence, déconnectés de la réalité. Le nombre de passagers que peut embarquer le navire dépend, aussi, de l'état de la mer. Quand Nicolas Sarkozy déclarait à Sofia, le 5 octobre 2007 : «Chaque fois que quelqu'un est humilié, est persécuté, est opprimé, il devient automatiquement Français», la consternation du lecteur le disputait alors à la commisération. 

Nous sommes en guerre

De plus est-il utile de rappeler qu'une partie du monde musulman, en particulier sunnite, nous a déclaré la guerre ? Une réalité s'impose : il n'est pas impossible que parmi les réfugiés musulmans sunnites issus du Moyen-Orient se soient glissés quelques terroristes islamistes. Le souci de cohérence exige que les actions suivent les déclarations et qu'après avoir pris acte de l'état de guerre dans lequel nous nous trouvons les autorités politiques et ecclésiastiques en tirent les conséquences logiques. 

Le catéchisme de l'Église Catholique le rappelle justement § 2241 : «Les nations mieux pourvues sont tenues d'accueillir autant que faire se peut l'étranger en quête de la sécurité et des ressources vitales qu'il ne peut trouver dans son pays d'origine. (…) Les autorités politiques peuvent en vue du bien commun dont elles ont la charge subordonner l'exercice du droit d'immigration à diverses conditions juridiques, notamment au respect des devoirs des migrants à l'égard du pays d'adoption. L'immigré est tenu de respecter avec reconnaissance le patrimoine matériel et spirituel de son pays d'accueil, d'obéir à ses lois et de contribuer à ses charges.» 

Forts de cet enseignement nous voilà habilités à rappeler à tous les héritiers spirituels, l'abnégation et le dévouement en moins, de Nicolas de Hannappes – ecclésiastiques dévoyés ou idéologues déracinés –, que nous ne laisserons pas le navire qui porte le beau nom de France être submergé au-delà de ses capacités d'accueil par des populations qui, loin de fuir le joug islamique, en sont, aujourd'hui, trop souvent les complices. 

Jean-Pierre Maugendre





Il n'est pas interdit, même à ceux qui comme moi portent une immense estime à Jean-Pierre Maugendre, dont la réflexion porte la marque d'un solide bon sens, d'imaginer un sort moins tragique aux passagers de Saint Jean d'Acre.

En effet, pendant ce siège, certains autres navires ont réussi à s'échapper par la mer, et à atteindre Chypre. Si ce dernier bateau a sombré, ce n'est pas seulement parce qu'il était surchargé, mais aussi parce que la mer était mauvaise. Tous les marins vous diront la traîtrise de la mer méditerranée.

Puisque le navire a coulé, les exigences du Patriarche apparaissent comme criminelles. Mais si le navire avait fluctué sans mergiter, ce même Patriarche aurait été porté en triomphe. Une partie de la morale de cette histoire est donc déterminée par la survenue d’événements dont la survenance n'était pas certaine, mais simplement évaluables en terme de probabilités.

Trois éléments sont à considérer. Tout d'abord, le champs des responsabilités. Sur le navire, le Capitaine est seul maître après Dieu, selon l'expression consacrée. Puis la doctrine d'emploi des matériels, qui fixe une capacité d'emport au bateau. Enfin, le jugement prudentiel, appuyé sur l'expérience des marins qui savent au vent et à l'aspect des nuages, quel est l'état de la mer. Ce jugement prudentiel permet si nécessaire, d'outrepasser la doctrine d'emploi, en fonction de l'équilibre risque/bénéfice de l'action envisagée. On pourrait presque y ajouter un quatrième élément, la chance, critère indispensable à Napoléon et à beaucoup d'autres chef de guerre, la fortune d'un Bournazel au burnous écarlate, ou la baraka d'un Général au Petit-Clamart.

Ce 18 mai 1291, donc, le Patriarche a pris la responsabilité d'exiger du Capitaine un appareillage dangereux, tandis que le Capitaine a pris la décision (ou a cédé ?) d'accepter une injonction illégitime du Patriarche. Tous deux connaissaient leurs domaines d'autorité réciproques. Tous deux connaissaient les limites techniques d'utilisation du matériel, du moins le Capitaine a informé le Patriarche de cette donnée technique simple. Reste que tous deux, dans cette décision, ont posé un jugement prudentiel difficile à étayer : l'état de la mer ne laissait probablement pas envisager un naufrage imminent, et les deux protagonistes ne disposaient pas d'informations météorologiques autres que celle liées à l'observation du ciel et de la direction du vent. Les techniques actuelles sont tout de même beaucoup plus précises.

Tous deux ont été sanctionnés par Neptune et Éole, faisant du Capitaine un faible ou un lâche, et du Patriarche un ultra-orthodoxe ou un intégriste, et ce sont les poissons, qui ont dévorés leurs rêves d'égaler Ulysse ou de vibrer d'une ferveur égale à celle des Apôtres.

Mais tout fut perdu, fors l'honneur : c'est leur réunion dans la mort, qui sauve l'honneur des deux protagonistes. En effet, qui pourrait formuler une condamnation définitive de l'un ou de l'autre ? La seule chose qui était nécessaire était qu'ils embarquassent sur la même barcasse, ce qui était la manière la plus simple et la plus franche d'assumer leurs décisions : partager absolument le sort de ceux dont ils avaient la charge. C'est cela, assumer.

C'est dire à quel point le monde politique trouverait profit à méditer l'histoire de Nicolas de Hannapes...


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