Pour qui voterez-vous en 2017 ?

Rédigé par hamlet le 04 septembre 2016

Pour 2017, la même question se pose qu'en 2012 : pour qui voter ? Les formations politiques se chargent de faire un premier choix, ce qui n'est pas vraiment démocratique. Mais parmi ceux qui seront dument adoubés par leur formation, est-il un vote nécessaire ou utile à l'homme de droite ?
Évacuons tout d'abord les questions exégétiques portant pointilleusement sur les points particuliers des programmes.
 
En effet, très peu d'électeurs prennent le soin d'une lecture, même rapide, du détail des programmes. Nous votons sur l'image et les croyances se rapportant aux candidats, rarement sur une comparaison pondérée des différentes propositions. D'autre part, le rapport entre programme et réalisations est lointain, et quelquefois même inverse : qui se proclamait en 2012 "ennemi du monde de la finance" s'est empressé de nommer un ancien de Rothschild comme ministre de l'Économie. Avec les résultats que l'on sait.

Ce qui compte, avant le détail du programme, c'est la vision générale. Soit celle de gauche, avec son cortège d'irresponsabilisations et d'utopies, ou bien celle de droite, avec son cortège de lâchetés et d'appétits mercantiles.

Évacuons tout d'abord les questions exégétiques portant pointilleusement sur les points particuliers des programmes.
 
En effet, très peu d'électeurs prennent le soin d'une lecture, même rapide, du détail des programmes. Nous votons sur l'image et les croyances se rapportant aux candidats, rarement sur une comparaison pondérée des différentes propositions. D'autre part, le rapport entre programme et réalisations est lointain, et quelquefois même inverse : qui se proclamait en 2012 "ennemi du monde de la finance" s'est empressé de nommer un ancien de Rothschild comme ministre de l'Économie. Avec les résultats que l'on sait.

Ce qui compte, avant le détail du programme, c'est la vision générale. Soit celle de gauche, avec son cortège d'irresponsabilisations et d'utopies, ou bien celle de droite, avec son cortège de lâchetés et d'appétits mercantiles.

Entendons-nous sur les mots : être "de droite" signifie ici, avant toute adhésion à quelque formation que ce soit, un attachement courageux, car ce n'est pas dans le repos que se trouve la vertu, aux valeurs de civilisation traditionnelles. En l'occurrence, celles qui ont prévalu en France pendant une quinzaine de siècles et en ont permis la construction.

Ainsi, pour l'homme de droite, la question de l'identité, redécouverte opportunément par nombre de ténors politiciens, est l'une des principales. Fondamentalement, l'homme de droite n'a aucune envie de vivre dans le monde rêvé par Jacques Attali, Nathalie Kosciusko, ou Emmanuel Macron, dut-il pour cela consentir à un moindre confort ou à un moindre niveau de vie. Son désir est de vivre dans un monde qui soit dans la continuité de celui de son père et du père de son père, un monde qui lui ressemble, qui nous ressemble, pour autant qu'il conçoive la nation comme l'extension de la notion de famille, et le monde comme riche en territoires distincts où les peuples peuvent vivre dans leurs spécificités : avant d'être ce qui nous sépare, une frontière est ce qui nous définit, et nous permet de faire vivre ces différences dont certaines sont enrichissantes, tout l'inverse des projets globalisants actuels.

Or la droite parlementaire, tout particulièrement depuis le septennat de Giscard, s'est attachée à justifier la remarque élégamment désespérée de Ghislain de Diesbach : la France est gouvernée par deux grands partis de gauche, dont l'un s'appelle la droite. 

Les résultats en sont frappants : pour prendre un exemple, la population du "9-3" est d'un million et demi d'habitants : 500.000 sont titulaires d'une carte de séjour, 500.000 sont des français administratifs, par droit du sol, et il ne reste que 500.000 français autochtones, âgés et cherchant à quitter le département (1). Cette situation emblématique est celle de la France toute entière dans très peu de temps, avec son cortège de difficultés, de drames, et de coûts inhérents. Implacables, les statistiques de dépistage de la dépanocytose établissent qu'actuellement en Ile de France, 6 bébés sur 10 sont d'origine africaine. Autre parallèle glaçant : le nombre d'immigrés s'installant en France depuis trente ans est à peu près le même que celui des avortements : 200.000. En arrondis, 600.000 personnes meurent chaque année en France, et sont remplacées par 800.000 naissances, dont la moitié sont africaines. Chiffres qui ne sont en rien comparables à ceux qui ont prévalu dans l'histoire de France, depuis quinze siècles.

Non seulement ce qui fait notre spécificité comme communauté et comme nation disparaît avec une vitesse inattendue, mais encore ce qu'il en reste est-il divisé en deux blocs prêts à s'entre-déchirer : ceux qui aiment cette civilisation et veulent qu'elle perdure, et ceux qui veulent en imposer l'auto-disparition, phénomène particulièrement visible dans l'Allemagne d'Angela Merkel. 

Pour avoir dénoncé ce péril, la droite patriotique est méprisée, insultée, haïe, combattue chaque jour par tous les moyens depuis quarante ans, par une caste dirigeante qui a imaginé pour la France un modèle multiculturel désincarné, et le lui a imposé délibérément. Une des dernières mesures en date est la dépénalisation de l'aide aux personnes sans papiers sur le territoire national : personne ne peut prétendre, comme à l'accoutumée, que cette loi a été imposée par Bruxelles, ou découle de Schengen.

Notre agonie charnelle est d'autant plus dangereuse qu'elle est confortable. Comme sur le Titanic, l'orchestre joue encore. Mais bercés par les sirènes du vivre-ensemble et du relativisme généralisé, nous entrons maintenant dans un monde multi-culturel, multi-ethnique, multi-religieux, et surtout multi-problématique, dans lequel nous ne somme déjà plus qu'une minorité dérangeante.

Comment un homme de droite pourrait-il envisager de donner sa voix à ceux de ces groupes qui ont planifié avec tant de constance le remplacement délibéré de notre civilisation par une autre civilisation sans avenir pérenne, car faite de communautés n'ayant rien à partager entre elles, quand elles ne sont pas ennemies ? Comment un homme de droite pourrait-il donner sa voix à ceux qu'il l'ont trahi avec tant de persévérance. Comment un homme de droite pourrait-il donner sa voix à un candidat dont même Jean d'Ormesson s'est rendu compte qu'il n'était qu'un Hollande de gauche ?

Dans toute situation, il reste autant d'espoirs que d'hommes, pour peu ici qu'ils s'attellent à infléchir positivement l'erre du paquebot France. Pour cela, il faut du courage, qui est bien la dernière qualité de nos gouvernants. Il y faut aussi de l'enracinement, seconde qualité qui leur manque, eux qui parlent "des Français" comme d'une espèce de cobayes. Pour donner du courage et de l'enracinement aux responsables politiques, pour droitiser la droite, en dehors des solutions inconstitutionnelles testées en avril 1961, il n'y a qu'une solution qui s'offre au vulgum pecus, c'est simplement de parler le plus fort possible, au risque, parfois, de l'excès.

Pourquoi certains leaders du parti Républicain droitifient-ils leurs discours ? Il est permis de penser que c'est moins pour des convictions profondes qu'à cause de l'émergence de courants patriotiques, qualifiés au passage d'un méprisant "populistes". Nous entendrions beaucoup moins de rodomontades, mais aussi de propositions positives, si les orateurs de droite qui les prononcent n'étaient pas protégés sur leur droite par une infanterie qui leur sert de confortable flanc-garde.

C'est l'utilité de Sens Commun, qui peine à exister dans l'appareil LR, tant il est vrai qu'il faut de grandes fourchettes à qui veut diner avec le diable. C'est l'utilité de la Droite Forte, marquée cependant par la versatilité de Guillaume Pelletier. C'est l'utilité de l'Avant-Garde, de Beigbeder et Millon (Vanneste étant considéré comme aussi peu fiable qu'il est bavard). C'est l'utilité de DLR, avec l'inoxydable Dupont-Aignan. C'est l'utilité du PCD, qui vient de trouver, par la qualité et l'indépendance de réflexion de son président, Jean-Frédéric Poisson, une crédibilité inattendue. C'est l'utilité d'autres formations plus confidentielles, ou d'initiatives personnelles. C'est surtout l'utilité du Front National, mené par Marine Le Pen, et sa nièce Marion, la plus jeune des députés de France.

Certes, ce parti suscite des objections plus ou moins justifiées : certaines positions peu catholiques, certaines fréquentations discutables, un glissement vers un certain étatisme économique, et un discours anti-européen qui peut effrayer. Sur ce dernier point, toutefois, la meilleure ennemie de l'Europe n'est pas Marine Le Pen, mais bien l'Europe elle même, incapable de se remettre en question après la sortie des Britanniques, s'obstinant à réglementer la courbure des concombres ou a imposer des traités de commerce secrets, alors que les grandes questions de défense, de migrants, de subsidiarité, et là encore, d'identité, ne sont pas traitées sérieusement.

Parmi les possibilités ouvertes à l'homme de droite, il en est deux particulièrement utiles. La première est de soutenir sans modération Jean-Frédéric Poisson, qui est le seul candidat de la primaire à faire preuve d'une étonnante indépendance d'esprit, tout autant que de convictions personnelles argumentées et sincères (en dépit de l'incompréhension que suscite ses relations avec Juppé). La seconde est de voter au premier tour pour Marine Le Pen sans aucun état d'âme, comme le moyen le plus efficace de redonner des valeurs de Droite à la droite parlementaire. Pour le second, quartier libre.



1 Xavier Lemoine, cité par Beigbeder dans "Charnellement de France" (lecture recommandée)

Classé dans : Politique, Histoire, Points de vue - Mots clés : 2017, élections, identité, présidentielles - 4 commentaires

Quenelle ou boudin noir ?

Rédigé par hamlet le 05 janvier 2014

On ne parle que quenelle, en ce moment, en France, Léonarda ayant fini de passionner les éditorialistes. Sic transit gloria mundi...

Il s'agit maintenant de faire taire Dieudonné M'bala M'bala, car son genre d'humour ne conviendrait pas bien aux valeurs de la République. Or ces valeurs, et c'est là que cela pose un problème, expriment un certain nombre de principes concernant la liberté d'expression, la créativité artistique, la liberté de réunion, formalisés dans un corpus législatif touffu, mais sans équivoques : il est absolument permis, en France, de donner des spectacles, même de très mauvais goût, et même très choquants.

C'est bien au nom de ces principes, et de ces lois, qu'ont pu se tenir des expositions comme "Piss Christ", des spectacles comme "Golgota Picnic", ou "Sur le concept du visage du fils de Dieu", pour ne prendre que les derniers qui ont créé polémique, non seulement parce qu'ils bénéficiaient de subventions publiques et de protection policière, mais également parce qu'ils ont pu être jugés profondément insultants, voire blasphématoires, par une partie de l'opinion.

Ce droit au mauvais goût ou à la provocation est contesté aux spectacles de Dieudonné, au motif que ses cibles habituelles sont majoritairement juives, et le rendraient passible des sanctions prévues par la loi du 29 juillet 1881, la loi 72-546 du 1er juillet 1972, la n° 90-615 du 13 juillet 1990, les dispositions du nouveau Code pénal de 1997, les lois n°2003-88 du 3 février 2003, 2004-204 du 9 mars 2004, et 2004-575 du 21 juin 2004, sans parler des conventions internationales (plus de détails sur le site du CRIF). Toute la difficulté consistant, lorsque quelqu'un dit que Lévy est idiot, à évaluer si l'insulte est liée au fait que Lévy soit juif, ou que Lévy soit idiot. Il reste, bien sûr, que c'est une insulte. Plus subtil, le fait de dire que Lévy est coupable, individuellement ou collectivement, d'une quelconque imperfection peut également conduire au procès pour antisémitisme, puisqu'il peut être estimé que c'est en raison de sa judéité que cette imperfection est dénoncée. On voit que ce terrain est délicat, mais il n'en reste pas moins que la France est l'un des pays les moins racistes du monde.

Élément emblématique de l'univers de Dieudonné, le geste dit "de la quenelle", qui signifierait, selon certains, la volonté de porter les derniers outrages aux victimes de la Shoah, tandis que d'autres y voient un geste anti-système, qui cartonne d'autant plus que la polémique est entretenue au plus haut niveau : la garde des Sceaux et le ministre de l'Intérieur fulminent, ce dernier publie des circulaires, et va même jusqu'à envisager d'interdire ce geste, ce qui serait une première amusante et absurde (dois-je avouer que j'en rève ?!), et qui n'a pas manqué de susciter quelques pamphlets ironiques.

Le communiqué du Ministère de l'Intérieur daté du 27/12 publie ainsi son intention d’étudier "de manière approfondie toutes les voies juridiques permettant d’interdire des réunions publiques" qui contribueraient "à accroître les risques de troubles à l’ordre public".

La sémantique est une arme : c'est pourquoi le ministre appelle "réunion publique" ce qui demeure un spectacle d'histrion (le régime légal des réunion publiques est plus restrictif). La seconde assertion du communiqué est plus surprenante, puisqu'il s'agirait d'utiliser des sanctions légales au motif d'un risque potentiel. Or, la loi punissant les faits, et non les risques, le ministre se trouve désarmé dans la croisade qu'il engage, s'il veut aller au delà de ce qui est normal dans un état de droit, c'est à dire de réprimer les délits.

C'est Arno Klarsfeld qui vient à son secours. Pour lui, s'il ne s'agit que de troubles à l'ordre public faisant défaut, alors il suffit de les organiser : "s'il faut des manifestations, il y en aura" (vidéo), "il faut des manifestations devant pour que les tribunaux puissent considérer qu'il y a un trouble à l'ordre public pour que la décision du ministre de l'intérieur et de la préfecture soient justifiées par des bases légales" (vidéo). A la même date que cette réaction ont été mis en examen des jeunes ayant mené des opérations violentes anti-quenelle, sans qu'il soit possible d'affirmer que leur démarche entrait dans l'intention de Klarsfeld. Il n'en reste pas moins que Klarsfeld incite explicitement à causer des troubles à l'ordre public, dans le but d'instrumentaliser l'appareil judiciaire : selon la logique du ministre de l'Intérieur, mais aussi selon la loi Française, il devrait être sanctionné. Klarsfeld n'est pas le seul à réagir d'une manière excessive : on trouve facilement des représentations de Dieudonné qui n'ont rien à envier en terme de mauvais goût à celle de Taubira comparée à un singe. Les juifs aussi, peuvent être racistes.

Si la censure ou l'interdiction des spectacles de Dieudonné risque d'être difficile tant que les amis de Klarsfeld n'auront pas réuni un nombre suffisant de volontaires, il reste deux voies supplémentaires, explorées l'une par la garde des Sceaux, et l'autre par Christian Barbier.

Taubira vient en effet de rappeler à M'Bala M'Bala, avec raison, qu'il était délictueux d'organiser son insolvabilité, ce dernier ayant fait l'objet de nombreuses amendes. Il est fort regrettable qu'elle n'ait pas fait la même observation à Google, Apple, ou Amazon, qui organisent avec succès leur "infiscabilité", autre mamelle de l'optimisation fiscale. Mais ici, chacun est dans son rôle, le fiscalisé essayant de se protéger, et l'Etat essayant de récupérer son dû.

La seconde voie, celle de Christian Barbier, évoquée aussi par d'autres, est plus totalitaire, puisqu'il s'agirait ni plus ni moins de "réguler" Internet : "les Chinois y arrivent bien", ne craint-il pas de dire. S'il est vrai que la conception de la liberté d'expression, et de sa régulation, selon Christian Barbier, est très particulière, vouloir instaurer une censure d'Internet en France, quatrième pays le plus condamné par la Cour européenne des droits de l'homme pour violation de la liberté d'expression, n'est pas vraiment une urgence. C'est bien une idée de journaliste !




"Il serait fort aisé d’enchaîner toute espèce de liberté en exagérant toute espèce de danger, car il n’est pas d’acte d’où la licence ne puisse résulter. La force publique est destinée à la réprimer et non à la prévenir aux dépens de la liberté."

Mirabeau, lors du vote du décret de 1791 instituant la liberté d'installation des théâtres.



Classé dans : Société, Points de vue - Mots clés : censure, liberté, théatre, moralisme - 13 commentaires

Justine de La Barre

Rédigé par hamlet le 24 décembre 2013

Justine Sacco était la directrice de la communication d'IAC, un grand groupe de New York. Partant passer ses vacances de Noël en Afrique du Sud, pays dans lequel elle est née, elle poste un tweet sous sa propre identité : "Going to Africa. Hope I don't get AIDS. Just kidding. I'm white" (Je pars en Afrique. J'espère ne pas attraper le Sida. Je blague. Je suis blanche), éteint son smartphone, et embarque dans son avion.
 
Dix heures plus tard, elle atterrit au Cap, rallume son smartphone, et là, c'est la catastrophe. En son absence, son tweet a été repris par buzzfeed.com, et a suscité un tollé mondial d'indignations, de condamnations, d'insultes. Justine ferme ses comptes Twitter et Facebook, mais trop tard. Son employeur la licencie immédiatement, et efface son nom du site d'IAC, malgré ses excuses publiques.
 
A contrario, il faut apprécier la réaction primaire de la brute militaire sanguinaire et bornée qui commande l'opération Sangaris en Centrafrique, le colonel Jaron. Confronté au scandale également mondial de la photographie d'un de ses militaires portant sur l'épaule la devise "Meine Ehre heißt Treue", utilisée par la Schutzstaffel (SS) à partir de 1932, et dont l'utilisation est interdite en Autriche, celui-ci répondit : "On n'interviendra que lorsque les faits seront établis par l'enquête". 
 
On s'est beaucoup moqué de l'obscurantisme de la fin du XVIII° siècle, qui vit l'exécution du Chevalier de La Barre, en 1766, pour blasphème et sacrilège (il est en réalité fort probable qu'il fut la victime d'un magistrat corrompu, désirant se venger de sa famille). 
 
Très vite, soutenu par Voltaire, La Barre devint le symbole des victimes de l'intolérance religieuse, alors que notre époque éclairée présente cette célèbre citation "Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous ayez le droit de le dire"* comme le manifeste intellectuel de la lutte pour la libre-pensée, fut-elle blasphématoire.
 
Force est de constater que le XXI° siècle ne fait pas vraiment mieux que le siècle de Louis XV : procès mené sans autre juge qu'une vindicte à demi-anonyme, insultes, absence de qualification de la faute, accusée sans possibilité de défense, et condamnation immédiate, non plus à mort, mais à la perte de son travail, voire au statut de nonêtre** par la suppression de son existence numérique, non seulement sur les réseaux sociaux, mais sur le site de son employeur. 
 
Si l'on considère que la condamnation de La Barre n'est pas le fait du sacrilège que le magistrat lui à fait endosser, et qui n'était plus passible de mort depuis 1666, mais que sa condamnation relève d'intrigues humaines et politiques, François-Jean de La Barre n'est pas un martyr de l'intolérance. Alors que dans le cas de Justine Sacco, il s'agit bien d'une condamnation pour blasphème. 
 
Technologie aidant, nulle opinion sacrilège ne passe désormais plus au travers des filets de l'orthodoxie. Il s'agit juste d'un changement de religion.
 
 
__________
* Cette citation est souvent attribuée à Voltaire, mais il s'agit d'un pur apocryphe.
** cf 1984, le célèbre roman d'Orwell

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L'Europe, aux chiottes ?

Rédigé par hamlet le 22 décembre 2013

Les rédactions de nombreux organes de presse, comme par exemple Le Matin ou le Figaro, ont repris fin novembre une information croustillante : Bruxelles se préparerait à une normalisation sauvage de toutes les cuvettes de toilettes, non plus de Dunkerque à Tamanrasset, mais de Londres à Bucarest.
 
Les fonctionnaires européens ont calculé que la Grande Bretagne consommerait 30% de son eau domestique à évacuer les matières fécales, et le Luxembourg 34%, tandis que la Finlande réussirait à faire la même chose avec seulement 14%. Révulsés par de telles disparités, et ayant calculé, selon des équations compliquées, au delà de l'entendement du citoyen, qu'il serait posssible de faire une économie moyenne de 6600 litres d'eau par an et par foyer, ils auraient donc décidé de réglementer la chasse.
 
La réalité est cependant un peu différente, et amène quelques réflexions complémentaires.
 
Le texte incriminé est franchement désopilant. Disponibles sur EUR-lex en version pdf, ou en version html, il a fallu pas moins de 14 pages aux fonctionnaires européens pour décrire, avec le plus grand sérieux, un urinoir, un urinoir collectif, ou un élément de toilettes. On y apprend notamment que "à des fins administratives, le numéro de code attribué à la catégorie de produits "toilettes à chasse d’eau et urinoirs" est le numéro 41". Un vrai thriller.
 
Bien que les rédactions aient annoncé une normalisation imminente, le texte ne fait en réalité que définir un label, qui serait attribué à des dispositifs hygiéniques respectant un certain nombre de critères. Il n'a donc absolument pas de valeur contraignante (encore qu'il soit vrai que de nombreux texte non-contraignants se soient transformés en règlements, ce qui est un procédé politique courant pour mettre en place des mesures impopulaires).
 
Il faut même reconnaître à première vue que l'idée est acceptable, et la méthode la plus adaptée à son propos : il s'agit, par l'attribution d'un label facultatif, de promouvoir les goguenots les plus pertinents, car la consommation d'eau n'est pas le seul point concerné par ce label, mais il y a par exemple la provenance de forêts "éco-gérées" pour les abattants en bois : ils ont pensé à tout.
 
Il est regrettable que le traitement fautif de l'information ait pu susciter à la fois les ricanements des eurosceptiques, la révolte des Anglais, dont les pratiques fécales sont ainsi pointées du doigt, et de nombreuses critiques relatives au coût du rapport (88.000 euros pour 60 pages). Il s'agit d'un réel dommage causé à l'image de l'Europe.
 
Les remarques qui peuvent être formulées à propos de cette étude sont d'un autre ordre que celles suscitées par les média.
 
Le premier est celui de la fiabilité : mesurer correctement et dans toute l'Europe le volume d'eau consommé pour la fonction d'évacuation des selles est une gageure, et fournir un chiffre, ex-abrupto, de 6600 litres économisés par an et par foyer, ne serait crédible que dans les limites d'une fourchette d'incertitude. De plus, seule la mise en parallèle ce chiffre avec les autres éléments de la consommation d'eau, permettrait d'avoir une idée de son poids relatif.
 
D'autre part, s'il tombe sous le sens du citoyen le moins éco-responsable qu'il est préférable de préférer un dispositif économique qu'un dispositif dispendieux, il tombe également sous le sens que l'eau des toilettes n'est pas détruite par son utilisation. Elle retourne aux fleuves, puis à la mer, et remonte dans le cloud les nuages. De toutes les pollutions imaginées par l'homme, c'est même probablement la plus anodine. Il reste que même si l'on retient ce chiffre de 6600 litres, ce n'est pas pour cela qu'il pleuvra davantage au Sahara.
 
Il est devenu courant de partir de données chiffrées sans examiner leur contexte, pour produire des textes proches de l'aberration : ainsi, par exemple, de l'interdiction des ampoules à filament et de leur remplacement par des ampoules fluorescentes dites "écologiques", au prétexte d'économiser quelques watts, alors que la consommation de ces ampoules est très marginale par rapport à celle d'un séchoir à linge, par exemple, et que de multiples aspects connexes n'avaient pas été pris en compte : coût de fabrication, de recyclage, de transport, coût économique (car elles sont fabriquées en Chine), et laideur du résultat. Ces lampes imposées par l'Europe ont été dépassées rapidement par de nouvelles ampoules à filament, ce dernier étant maintenant placé dans une seconde enveloppe. Quoi de mieux qu'un prétexte "scientifique" pour justifier une ânerie, et maintenir la responsabilité du législateur au dessous du niveau de la mer ?
 
Les fonctionnaires européens se sont, au final, occupés à définir un label dont l'intérêt n'apparaît pas évident. La vocation de l'Union est-elle d'estampiller tous les produits disponibles ? Les fabricants n'ont pas attendu l'Europe pour proposer des produits économisant l'eau, et il est probable que le consommateur orientera son choix vers les dispositifs économes, label ou pas, pour son prochain achat. Il est juste regrettable que les urinoirs ne fassent qu'assez rarement l'objet de cadeaux de Noël ou d'anniversaire, ce qui permettrait de les changer plus régulièrement.
 
Au final, il est probable qu'il soit préférable que les fonctionnaires européens s'abstiennent de produire des textes dont l'intérêt est aussi discutable, car, affreusement débordé par des tâches inutiles, ils n'ont plus les ressources nécessaires pour produire les grands textes qui seraient utiles à l'Europe, ou même qui en représenteraient le projet dans toute son ampleur. 
 

 

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L'Europe est chocolat

Rédigé par hamlet le 17 décembre 2013

Le chocolat a de multiples vertus, euphorisant, décontractant, vasodilatateur, énergisant, anti-vieillissement. Certains parlent même de qualités aphrodisiaques, qui sait... Dernièrement, sa teneur élevée en théobromine a donné aux Américains l'idée de fabriquer des dentifrices au chocolat, ce composé étant supposé plus efficace encore que le fluor. Dans quelques mois dans toutes les gondoles...

 
Ces nombreuses propriétés moralement intéressantes sont une excuse idéale pour les gourmands impénitents. Et à ce titre, le chocolat Cote d'Or est la victime régulière de mes écarts de conduite.
 

 

Ce soir, justement, je contemple avec tristesse l'emballage d'une plaquette vide, et le dos de son emballage me tombe sous les yeux. Il y est détaillé la composition du produit, en français, en allemand, puis ...en arabe, signalé par les codes DZ et LY. Chez Côte d'Or, le service marketing considère que la France, l'Allemagne, l'Algérie et la Libye peuvent être vues comme une entité commerciale unique.

 
En 2010, le même emballage de tablette de chocolat portait ces indications, en français, néerlandais, allemand, et anglais. Aujourd'hui, la langue arabe a remplacé l'anglais et le néerlandais sur les plaquettes destinées à la France.
 
Dans notre démocratie apaisée, il est strictement interdit de dire ce que l'on pense de telles évolutions. Ce qui reste encore permis, pour un temps au moins, est d'apprécier l'excellente production chocolatière de Lindt, Galler, Valrhona, Toblerone...
 

Classé dans : Points de vue - Mots clés : Europe, grand remplacement, chocolat - 3 commentaires

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