L'immigration en question

Rédigé par hamlet le 07 décembre 2022

Pierre  Brochand, ancien directeur général de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) de 2002 à 2008, ainsi qu’ambassadeur de France, notamment, en Hongrie et en Israël, est intervenu lors d’un colloque de la Fondation Res Publica sur le thème: «Pour une véritable politique de l’immigration». Extrait :
[…] Vous m’avez demandé de parler d’immigration et j’ai suggéré qu’on ajoute « enjeu central ». J’aurais pu aussi bien proposer « enjeu principal ». 

Pour deux raisons :
  • D’un côté, j’estime que, de tous les défis qu’affronte notre pays, l’immigration est le seul qui menace la paix civile et, à ce titre, j’y vois un préalable à tous les autres.
  • D’un autre côté, l’immigration exerce sur l’ensemble de notre vie collective un impact transversal, que je tiens pour globalement négatif.
Mais, faute de temps, je négligerai ce second aspect, qui se traduit concrètement par une tiers-mondilisation rampante de la société française et sa régression continue dans des domaines clés, tels que l’éducation, la productivité, les services publics, la sécurité, la civilité, etc. 

En d’autres termes, si tout ce qui va mal en France n’est pas la faute de l’immigration, loin s’en faut, elle y participe dans une mesure, à mon avis, très sous-estimée.[…] 

Commençons par tordre le cou au « canard », selon lequel la France aurait toujours été un pays d’immigration. Pendant 1000 ans, des Carolingiens à Napoléon III, rien ne s’est produit. Depuis 1850, en revanche, nous avons connu trois vagues :
  • La première a duré un siècle. D’origine euro-chrétienne, discrète, laborieuse, reconnaissante, régulée par l’économique et le politique, elle a représenté un modèle indépassable de fusion réussie.
  • La deuxième a commencé dans les années 1970 et n’a fait que s’amplifier depuis. Elle est l’exact contraire de la première.C’est une immigration de peuplement irréversible, qui n’est calibrée ni par l’emploi, ni par le politique, mais engendrée par des droits individuels, soumis au seul juge national ou supranational. Nous sommes, donc, submergés par des flux en pilotage automatique, « en roue libre », dont les Français n’ont jamais explicitement décidé. Mais, surtout, l’écart identitaire qui nous sépare des arrivants n’a aucun équivalent dans notre Histoire. Tous viennent du «tiers-monde», de sociétés hautement défaillantes, et la majorité est de religion musulmane, ainsi qu’originaire de nos anciennes colonies. De plus, tous sont, comme on le dit aujourd’hui, « racisés ».
  • La troisième lame a été déclenchée, il y a 10 ans, par le soi-disant « Printemps arabe », dont elle est une des conséquences néfastes. C’est pourquoi elle a d’abord pris la forme d’une crise d’urgence, rapidement devenue permanente, sous l’impulsion d’un nouveau dévoiement du droit, cette fois le droit d’asile, au besoin conforté par le droit de la mer et celui des mineurs.[…]
On n’a pas compris grand-chose à l’immigration actuelle si l’on n’a pas perçu d’emblée qu’elle était virtuellement conflictuelle, que ces conflits n’étaient pas quantitatifs mais qualitatifs – donc insolubles – et qu’ils s’inscrivaient, in fine, dans le très douloureux retour de bâton anti-occidental, déclenché par la globalisation. […]

Quand un groupe humain projette d’emménager chez un autre, il n’y a que cinq possibilités :
– (1) L’interdiction
– (2) L’absorption
– (3) La négociation
– (4) La séparation
– (5) L’affrontement

L’interdiction est tout simplement la mise en œuvre du « principe de précaution », que l’on invoque, à satiété, dans quasiment tous les domaines. Sauf apparemment celui de l’immigration, où il aurait pourtant consisté à bâtir une digue avant que n’arrive le tsunami. Autant dire qu’un projet aussi volontariste ne nous a même pas traversé l’esprit.

L’absorption ou assimilation, par ralliement asymétrique et sans retour à la culture d’accueil, fut longtemps notre paradigme. Nous l’avons abandonné en rase campagne, par renoncement à nous-mêmes, mais aussi par nécessité, car les volumes que nous avons admis ont très vite excédé ce seuil très exigeant.C’est pourquoi, nous avons cru pouvoir nous rabattre sur l’option 3. 

La négociation ou l’intégration est, en effet, une position intermédiaire, où chacun fait un pas vers l’autre, mais où les immigrés gardent leur quant à soi : un pied dedans, un pied dehors. En bref, un compromis qui n’efface pas les divisions, mais espère les transcender par accord tacite sur une plateforme minimale : le respect des lois et l’accès à l’emploi. Cependant, en pratique, il s’avère que le plus gros des efforts est à la charge du groupe qui reçoit – c’est-à-dire nous -, aussi bien en termes financiers (politique de la ville, protection sociale), que de dérogations à nos principes (discrimination positive, mixité imposée, quotas).

Au final, certes, les intégrés sont plus nombreux que les assimilés, car le seuil de tolérance est plus élevé dans leur cas. Pour autant, ils ne sont pas majoritaires et je crains, surtout, que le contrat implicite, passé avec eux, ne soit qu’un CDD, susceptible de ne pas être renouvelé à échéance, si les circonstances changent et, notamment, si les immigrés et descendants franchissent – ce qui est inéluctable en prolongeant les tendances actuelles – la barre des 50% de la population.

Ainsi, ces résultats, pour le moins mitigés et ambigus, ont ouvert un boulevard à l’option 4 : la séparation, qui, dans les faits, est la preuve par neuf de l’échec des trois précédentes. Car, au fond, le scénario sécessionniste est la pente la plus naturelle d’une société « multi ». Quand des groupes répugnent à vivre ensemble, ils votent avec leurs pieds, se fuient, se recroquevillent, comme autant de répliques du séisme initial qu’est la migration. Se constituent, alors, ce qu’on appelle des diasporas, soit des noyaux durs introvertis, formés de populations extra-européennes, ni assimilées, ni intégrées et à tendance non coopérative.

Ces isolats territoriaux vont inéluctablement développer une double logique de partition et d’accélération. Partition, par inversion de la pression sociale, dans le sens de la conservation et de la transmission des codes culturels d’origine, y compris – ce qui est stupéfiant – à travers la réislamisation des jeunes. Soit une espèce de contre-colonisation, par le bas, qui ne dit pas son nom. Accélération, car les diasporas, dont le taux d’accroissement naturel est déjà très supérieur à la moyenne nationale, deviennent, à leur tour, génératrices d’immigration par aspiration juridique et aide à l’accueil. […]

Tous ces arrangements au quotidien ont beau se multiplier, ils ne suffisent pas à acheter la paix sociale et c’est alors que « ce qui doit arriver arrive » : quand plusieurs pouvoirs sont en concurrence ouverte, sur un même espace, pour y obtenir le monopole de la violence mais aussi des cœurs et des esprits, c’est le 5e cas de figure qui se réalise. L’affrontement. Ce que l’on désigne pudiquement par l’expression « violences urbaines » et dont on connaît bien la gamme ascendante. […]

Il y a deux préconditions à l’action : la transparence statistique et le rejet du discours intimidant. Si l’on veut s’attaquer à un problème, il est indispensable d’en cerner la dimension réelle. Or l’appareil statistique, centré sur le critère de la nationalité, ne permet pas d’évaluer toutes les répercussions d’un phénomène qui lui échappe largement. 

C’est pourquoi, il est impératif de nous orienter vers des statistiques et projections dites «ethniques», dont l’interdiction n’est qu’une hypocrisie et une coupable préférence pour l’ignorance, donc le statu quo.

Quant au discours intimidant, c’est l’incroyable prêchi-prêcha que nous servent les médias, les ONG, les « people », et dont la seule finalité est d’organiser l’impuissance publique. Ces éléments de langage, que l’on nomme à tort « État de droit », ne sont, à mes yeux, que le reflet d’une idéologie qui, à l’instar de toutes les idéologies, n’a rien de sacré. À ceci près qu’elle est dominante depuis 50 ans. […]

L’immigration – il est facile de le comprendre – fonctionne comme une pompe qui refoule d’un lieu et aspire vers un autre. Nous ne pouvons rien, ou presque, pour empêcher le départ. Nous pouvons tout, ou presque, pour décourager l’arrivée.

D’où 6 grands axes :
  1. Envoyer, urbi et orbi, le message que le vent a tourné à 180°, en s’attaquant bille en tête à l’immigration légale, qu’il convient de diviser au moins par 10.
  2. Trancher à la même hauteur l’accès à la nationalité, qui doit cesser d’être automatique.
  3. Contenir l’immigration irrégulière, en divisant par 20 ou 30 les visas, y compris étudiants, accordés aux pays à risques, en n’acceptant plus aucune demande d’asile sur notre territoire, en abolissant toutes les récompenses à la tricherie (aide médicale d’Etat, hébergement, régularisations, débarquement de navires « sauveteurs »).
  4. Atténuer l’attractivité sociale de la France, en supprimant toutes les prestations non contributives aux étrangers, HLM compris, et en limitant à 3 enfants, par famille française, des allocations familiales, revalorisées sans conditions de revenus.
  5. Dégonfler les diasporas, en réduisant les types, durées et nombres de titres de séjour et en excluant les renouvellements quasi-automatiques.
  6. Muscler notre laïcité « chrétienne » pour l’adapter au défi très différent de l’islam, en ne neutralisant plus seulement l’Etat et l’école, mais aussi l’espace public, les universités et le monde de l’entreprise.
Si ces propositions s’inscrivent dans le cadre du droit existant, tant mieux, sinon il faudra le changer, quel qu’en soit le prix. Car le retournement proposé relevant désormais du salut public, sa férocité n’est que la contrepartie du temps perdu. […]

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Pour qui voterez-vous en 2017 ?

Rédigé par hamlet le 04 septembre 2016

Pour 2017, la même question se pose qu'en 2012 : pour qui voter ? Les formations politiques se chargent de faire un premier choix, ce qui n'est pas vraiment démocratique. Mais parmi ceux qui seront dument adoubés par leur formation, est-il un vote nécessaire ou utile à l'homme de droite ?
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Évacuons tout d'abord les questions exégétiques portant pointilleusement sur les points particuliers des programmes.
 
En effet, très peu d'électeurs prennent le soin d'une lecture, même rapide, du détail des programmes. Nous votons sur l'image et les croyances se rapportant aux candidats, rarement sur une comparaison pondérée des différentes propositions. D'autre part, le rapport entre programme et réalisations est lointain, et quelquefois même inverse : qui se proclamait en 2012 "ennemi du monde de la finance" s'est empressé de nommer un ancien de Rothschild comme ministre de l'Économie. Avec les résultats que l'on sait.

Ce qui compte, avant le détail du programme, c'est la vision générale. Soit celle de gauche, avec son cortège d'irresponsabilisations et d'utopies, ou bien celle de droite, avec son cortège de lâchetés et d'appétits mercantiles.

Entendons-nous sur les mots : être "de droite" signifie ici, avant toute adhésion à quelque formation que ce soit, un attachement courageux, car ce n'est pas dans le repos que se trouve la vertu, aux valeurs de civilisation traditionnelles. En l'occurrence, celles qui ont prévalu en France pendant une quinzaine de siècles et en ont permis la construction.

Ainsi, pour l'homme de droite, la question de l'identité, redécouverte opportunément par nombre de ténors politiciens, est l'une des principales. Fondamentalement, l'homme de droite n'a aucune envie de vivre dans le monde rêvé par Jacques Attali, Nathalie Kosciusko, ou Emmanuel Macron, dut-il pour cela consentir à un moindre confort ou à un moindre niveau de vie. Son désir est de vivre dans un monde qui soit dans la continuité de celui de son père et du père de son père, un monde qui lui ressemble, qui nous ressemble, pour autant qu'il conçoive la nation comme l'extension de la notion de famille, et le monde comme riche en territoires distincts où les peuples peuvent vivre dans leurs spécificités : avant d'être ce qui nous sépare, une frontière est ce qui nous définit, et nous permet de faire vivre ces différences dont certaines sont enrichissantes, tout l'inverse des projets globalisants actuels.

Or la droite parlementaire, tout particulièrement depuis le septennat de Giscard, s'est attachée à justifier la remarque élégamment désespérée de Ghislain de Diesbach : la France est gouvernée par deux grands partis de gauche, dont l'un s'appelle la droite. 

Les résultats en sont frappants : pour prendre un exemple, la population du "9-3" est d'un million et demi d'habitants : 500.000 sont titulaires d'une carte de séjour, 500.000 sont des français administratifs, par droit du sol, et il ne reste que 500.000 français autochtones, âgés et cherchant à quitter le département (1). Cette situation emblématique est celle de la France toute entière dans très peu de temps, avec son cortège de difficultés, de drames, et de coûts inhérents. Implacables, les statistiques de dépistage de la dépanocytose établissent qu'actuellement en Ile de France, 6 bébés sur 10 sont d'origine africaine. Autre parallèle glaçant : le nombre d'immigrés s'installant en France depuis trente ans est à peu près le même que celui des avortements : 200.000. En arrondis, 600.000 personnes meurent chaque année en France, et sont remplacées par 800.000 naissances, dont la moitié sont africaines. Chiffres qui ne sont en rien comparables à ceux qui ont prévalu dans l'histoire de France, depuis quinze siècles.

Non seulement ce qui fait notre spécificité comme communauté et comme nation disparaît avec une vitesse inattendue, mais encore ce qu'il en reste est-il divisé en deux blocs prêts à s'entre-déchirer : ceux qui aiment cette civilisation et veulent qu'elle perdure, et ceux qui veulent en imposer l'auto-disparition, phénomène particulièrement visible dans l'Allemagne d'Angela Merkel. 

Pour avoir dénoncé ce péril, la droite patriotique est méprisée, insultée, haïe, combattue chaque jour par tous les moyens depuis quarante ans, par une caste dirigeante qui a imaginé pour la France un modèle multiculturel désincarné, et le lui a imposé délibérément. Une des dernières mesures en date est la dépénalisation de l'aide aux personnes sans papiers sur le territoire national : personne ne peut prétendre, comme à l'accoutumée, que cette loi a été imposée par Bruxelles, ou découle de Schengen.

Notre agonie charnelle est d'autant plus dangereuse qu'elle est confortable. Comme sur le Titanic, l'orchestre joue encore. Mais bercés par les sirènes du vivre-ensemble et du relativisme généralisé, nous entrons maintenant dans un monde multi-culturel, multi-ethnique, multi-religieux, et surtout multi-problématique, dans lequel nous ne somme déjà plus qu'une minorité dérangeante.

Comment un homme de droite pourrait-il envisager de donner sa voix à ceux de ces groupes qui ont planifié avec tant de constance le remplacement délibéré de notre civilisation par une autre civilisation sans avenir pérenne, car faite de communautés n'ayant rien à partager entre elles, quand elles ne sont pas ennemies ? Comment un homme de droite pourrait-il donner sa voix à ceux qu'il l'ont trahi avec tant de persévérance. Comment un homme de droite pourrait-il donner sa voix à un candidat dont même Jean d'Ormesson s'est rendu compte qu'il n'était qu'un Hollande de gauche ?

Dans toute situation, il reste autant d'espoirs que d'hommes, pour peu ici qu'ils s'attellent à infléchir positivement l'erre du paquebot France. Pour cela, il faut du courage, qui est bien la dernière qualité de nos gouvernants. Il y faut aussi de l'enracinement, seconde qualité qui leur manque, eux qui parlent "des Français" comme d'une espèce de cobayes. Pour donner du courage et de l'enracinement aux responsables politiques, pour droitiser la droite, en dehors des solutions inconstitutionnelles testées en avril 1961, il n'y a qu'une solution qui s'offre au vulgum pecus, c'est simplement de parler le plus fort possible, au risque, parfois, de l'excès.

Pourquoi certains leaders du parti Républicain droitifient-ils leurs discours ? Il est permis de penser que c'est moins pour des convictions profondes qu'à cause de l'émergence de courants patriotiques, qualifiés au passage d'un méprisant "populistes". Nous entendrions beaucoup moins de rodomontades, mais aussi de propositions positives, si les orateurs de droite qui les prononcent n'étaient pas protégés sur leur droite par une infanterie qui leur sert de confortable flanc-garde.

C'est l'utilité de Sens Commun, qui peine à exister dans l'appareil LR, tant il est vrai qu'il faut de grandes fourchettes à qui veut diner avec le diable. C'est l'utilité de la Droite Forte, marquée cependant par la versatilité de Guillaume Pelletier. C'est l'utilité de l'Avant-Garde, de Beigbeder et Millon (Vanneste étant considéré comme aussi peu fiable qu'il est bavard). C'est l'utilité de DLR, avec l'inoxydable Dupont-Aignan. C'est l'utilité du PCD, qui vient de trouver, par la qualité et l'indépendance de réflexion de son président, Jean-Frédéric Poisson, une crédibilité inattendue. C'est l'utilité d'autres formations plus confidentielles, ou d'initiatives personnelles. C'est surtout l'utilité du Front National, mené par Marine Le Pen, et sa nièce Marion, la plus jeune des députés de France.

Certes, ce parti suscite des objections plus ou moins justifiées : certaines positions peu catholiques, certaines fréquentations discutables, un glissement vers un certain étatisme économique, et un discours anti-européen qui peut effrayer. Sur ce dernier point, toutefois, la meilleure ennemie de l'Europe n'est pas Marine Le Pen, mais bien l'Europe elle même, incapable de se remettre en question après la sortie des Britanniques, s'obstinant à réglementer la courbure des concombres ou a imposer des traités de commerce secrets, alors que les grandes questions de défense, de migrants, de subsidiarité, et là encore, d'identité, ne sont pas traitées sérieusement.

Parmi les possibilités ouvertes à l'homme de droite, il en est deux particulièrement utiles. La première est de soutenir sans modération Jean-Frédéric Poisson, qui est le seul candidat de la primaire à faire preuve d'une étonnante indépendance d'esprit, tout autant que de convictions personnelles argumentées et sincères (en dépit de l'incompréhension que suscite ses relations avec Juppé). La seconde est de voter au premier tour pour Marine Le Pen sans aucun état d'âme, comme le moyen le plus efficace de redonner des valeurs de Droite à la droite parlementaire. Pour le second, quartier libre.



1 Xavier Lemoine, cité par Beigbeder dans "Charnellement de France" (lecture recommandée)

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L'attentat de la rue Nicolas-Appert

Rédigé par hamlet le 11 janvier 2015

L'attentat de Charlie Hebdo met en lumière les problèmes posés par l'Islam, en France mais aussi dans le monde.
Attentat Charlie HebdoLe 7 janvier 2015, deux individus font irruption dans les locaux de Charlie-Hebdo, à l'heure de la conférence de rédaction et tuent douze personnes, dont huit collaborateurs du journal et deux policiers, aux cris de « Allahou Akbar ». Ils réussisent à s'enfuir, et se retranchent dans une imprimerie à Dammartin-en-Goële (Seine-et-Marne). Parallèlement, un individu réalise une prise d'otage dans une supérette kasher de Paris, tuant quatre israélites. Aux deux endroits, les forces de police donnent l'assaut et abattent les tueurs. 

S'ensuit une avalanche de réactions de toutes les autorités civiles et religieuses. Puis l'organisation d'une manifestation à Paris, le 11 janvier. En présence d'une cinquantaine de chefs d'Etat, François Hollande déclare que "Paris est aujourd'hui la capitale du monde. Le pays tout entier va se lever vers ce qu'il a de meilleur". Ce 11 janvier, tout le monde est Charlie. Ou presque.

Depuis de nombreuses années, personne en France n'ignorait qu'un jour, cela allait arriver. Ce qui était ignoré, c'était seulement le jour, et la cible. En témoigne le dispositif Vigipirate actuel, déployé dès 1991. Et nous connaissions également la nature de la menace, en l'occurrence un islam radicalisé, dont la progression est observée attentivement par les services de sécurité intérieure, qui ont déjoué discrètement de nombreuses tentatives terroristes ces dernières années.

Si l'on en croit l'opinion dominante, les pires racistes islamophobes sont Zemmour, Dieudonné, Soral, Camus, la famille Le Pen, et tout ce qui, de près ou de loin, peut être assimilé à l'extrème droite et à des opposants au "vivre-ensemble". C'est bien à ce titre que le parti de Marine Le Pen a été exclu des manifestations d'unité nationale autour des "valeurs de la République". Mais au lieu de ces monstres, les tueurs ont choisi pour cible les collaborateurs d'un journal à la gloire éteinte, tirant péniblement à 30.000 exemplaires. Certes le fond de commerce de Charlie était l'irrévérence vis à vis des musulmans, comme des chrétiens ou des juifs, mais personne ne se serait risqué à leur faire un procès pour islamophobie. Les réactions officielles auraient été probablement plus embarrassées si les terroristes avaient fait un choix plus conforme à la logique, en abattant Zemmour ou Marine Le Pen, par exemple.

Les méthodes du terrorisme évoluent, passant de l'utilisation des moyens exceptionnels du 11 septembre à des moyens économiques, vidéos de décapitations, ou utilisation de tueurs amateurs à Toulouse. Rue Nicolas-Appert, nous sommes face à un commando léger, mais de tueurs aguerris : ils agissent sans précipitation (prenant le temps d'identifier leurs cibles avec certitude), maîtrisant sans difficulté la protection policière dont bénéficiait Charb, avec précision (ils tirent au coup par coup, et les impacts de balles sur la voiture de police sont remarquablement groupés), et dans une cynique indifférence (ils abattent froidement, d'une seule balle tirée en courant, un policier à terre). Un point reste à améliorer, cette habitude curieuse, comme dans le cas du 11 septembre, de se munir de papiers d'identité et de les abandonner sur place. Il reste qu'avec seulement deux personnes et très peu de moyens, ils ont créé un choc comparable à celui du 11 septembre. 

Si les moyens changent, la stratégie reste apparemment la même : il s'agit de créer une fracture, ou de l'accentuer, entre la faction française plus ou moins hostile à l'Islam, et celle des musulmans, estimée à 7 millions par Dalil Boubakeur. Déjà, des violences islamophobes ou francophobes, ou des actions de piratage menées par des activistes islamistes. Piège simple, mais qui a fait la preuve de son efficacité par le passé, notamment en Algérie. Difficile de dire quelle sera la prochaine cible : peut-être un lieu israélite, mais plus vraisemblablement tout objectif susceptible d'accentuer cette fracture.

Pendant que Paris s'autoproclamait capitale mondiale et pleurait ses caricaturistes, personne n'a eu de pensée pour Raif Badawi, en Arabie Saoudite, et personne n'a porté de pancarte "Je suis Asia Bibi". Pas un mot pour l'attentat de l'avant-veille : dans un marché bondé de Maiduguri, au nord-est du Nigeria, une bombe attachée sur une fillette d'une dizaine d'années a tué vingt personnes et en a blessé grièvement dix-huit autres, qui n'avaient rien demandée, ni insulté personne. Auteur présumé, Boko Haram, secte d'inspiration salafiste qui commet meurtre sur meurtre et enlèvement sur enlèvement au Nigeria. D'après Amnesty International, ils y ont tué au moins 2000 personnes ces six derniers mois. Personne n'a parlé des Irakiens, qui fuient les tueurs et les violeurs de l'Etat Islamique. Ils ont une branche en Libye, aussi, qui y comment les mêmes exactions, et vient de tuer deux journalistes tunisiens. Pas de manifestation pour les 132 enfants tués en Afghanistan par les talibans. Personne n'a manifesté pour les Syriens, où les djihadistes ont remis en honneur la crucifixion pour ceux qui refusent de prononcer la chahada (profession de foi musulmane). Et la Somalie. Et la Corée du Nord. Et tant d'autres...

L'UOIF, comme le CFCM, ont produit des communiqués condamnant ces attentats. Cependant, aucun de ces deux communiqués d'organisations confessionnelles n'affirment formellement que l'acte est contraire à l'Islam ou aux volontés du Prophète. Le bât blesse à l'endroit de certaines sourates, qui sont littéralement des appels au meurtre. Tant que l'Islam n'aura pas réglé le problème d'interprétation de ces sourates, nous aurons d'autre Charlie, et ce n'est pas le nihilisme occidental qui pourra les aider. Voix exceptionnelle autant que courageuse, le Maréchal-Président Al Sissi, devant une des plus prestigieuses instance intellectuelles musulmanes, la mosquée Al-Azhar, venait d'appeler le monde islamique à réfléchir sur une adaptation urgence du discours islamique. Sans commentaires de la part des instances musulmanes sur le sol de France.

En attendant, que faire de l'Islam en France ? Au lendemain de cette manifestation monstre, la France va chercher des réponses. Avec des contraintes qui n'existaient pas il y a quarante ans. Eu égard au courage et à la créativité de notre classe politique, engluée intellectuellement dans un nihilisme stérile, il est probable que ces réponses ne soient que des ajustements paramétriques des réponses précédentes : plus de dispositifs sécuritaires, et moins de libertés. Mais comme en face, les curseurs bougent plus vite, nous aurons d'autres Charlie tant que nous ne nous intéresserons pas aux causes. C'est dire si tout optimisme est déplacé pour les années qui viennent.

Alors c'est bien, d'être Charlie. Moi, c'est France, et c'est Liberté.

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Que survive la France...

Rédigé par hamlet le 27 septembre 2012

Michel Poniatovski (1922-2002) écrivait en conclusion de son livre "Que survive la France" (1990) :

« Cette âme, la France est en  train de la perdre, non seulement à cause de la mondialisation, mais aussi, et surtout, à cause de la société à la fois pluri-ethnique et pluri-culturelle que l’on s’acharne avec de fausses idées et de vrais mensonges, à lui imposer. Si cet essai a permis à quelques-uns de mesurer devant quels périls nous nous trouvons placés, il aura déjà atteint son but.
 (…) Ces pages peuvent apparaître cruelles. Mais elles correspondent à un sentiment très profond.

Le moment est venu de traiter énergiquement le problème de l’immigration africaine et notamment musulmane. 

Si tel n’est pas le cas, la France aura deux visages : celui du « cher et vieux pays » dont parle le général de Gaulle et celui du campement avancé du tiers monde africain. Si nous désirons voir les choses dégénérer ainsi, il suffit de leur laisser suivre leur cours. Le campement africain toujours plus grand, plus vaste, plus illégal, grignotera d’abord, puis rongera, avant de faire disparaître tout entier le cher vieux pays, dont la défaite sera annoncée du haut des minarets de nos nombreuses mosquées. Nos temps sont assez graves pour ne pas faire appel à de médiocres facilités politiciennes.

Nous allons vers des Saint-Barthélémy si l’immigration africaine n’est pas strictement contrôlée, limitée, réduite et expurgée de ses éléments négatifs et dangereux, si un effort d’intégration ne vient pas aussi compléter cette nécessaire répression.  Les mesures à prendre sont sévères et il ne faudra pas que le vieux pays frémisse de réprobation chaque fois qu’un charter rapatriera des envahisseurs illégaux. 

Il faut donc ainsi que ce cher vieux pays restitue à l’état sa place normale. Les libéraux l’ont affaibli, les socialistes l’ont détruit. Où sont les grandes tâches dévolues à l’État ? La Justice, l’Armée, l’Éducation nationale, la Sécurité, la Police, notre place en Europe ? En miettes. La France est à l’abandon est en décomposition à travers le monde. Sa recomposition est dans un retour énergique à l’unité et à la cohérence, et de la Nation et de l’État. »

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